Erasmus+ : un programme ouvert à de nombreux acteurs 

27 Avr 2026

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Contrairement à une idée répandue, le programme Erasmus+ ne s’adresse pas uniquement aux étudiants de l’enseignement supérieur.

Il concerne un large éventail d’acteurs des domaines de l’éducation, de la formation, de la jeunesse et du sport. Il couvre notamment l’enseignement scolaire, l’enseignement et la formation professionnels, l’enseignement supérieur, l’éducation des adultes, ainsi que les organisations de jeunesse et les clubs sportifs.

Le programme vise à offrir à différents publics (étudiants, élèves, apprenants, stagiaires, enseignants, formateurs, personnels éducatifs ou encore les jeunes) la possibilité de réaliser une expérience à l’étranger (études, stages, formations ou échanges). Ces mobilités permettent de renforcer les compétences, les connaissances et l’employabilité des participants.

Erasmus+ soutient également la coopération entre organisations à travers des partenariats européens ou internationaux. Ces projets favorisent le partage de bonnes pratiques, le développement de l’innovation pédagogique et le renforcement de la coopération dans les secteurs de l’éducation, de la formation, de la jeunesse et du sport.

Actuellement, en Fédération Wallonie-Bruxelles, le programme est cogéré par deux Agences, l’AEF-Europe, pour le volet éducation et formation et le BIJ pour le volet jeunesse et sport.

 

Organisations pouvant bénéficier du programme

Un large éventail d’organisations, publiques ou privées, peut bénéficier de financements Erasmus+, à condition d’être actif dans les domaines de l’éducation ou de la formation, notamment :

  • établissements scolaires, de la maternelle au secondaire, dans les filières générales, techniques ou professionnelles ;
  • établissements d’enseignement supérieur ;
  • organismes de formation professionnelle;
  • et partenaires sociaux ;
  • associations et institutions culturelles ;
  • autorités locales (villes et communes), quelle que soit leur taille ;
  • autres organisations actives dans les secteurs concernés.

 

Missions de l’AEF-Europe

L’AEF-Europe assure la mise en œuvre et la gestion du programme Erasmus+, en veillant à son déploiement efficace et transparent au bénéfice des acteurs de l’éducation et de la formation.

À ce titre, l’Agence :

  • assure les relations avec les autorités européennes pour la gestion, la promotion et l’information relatives au programme Erasmus+ ;
  • met en œuvre les actions de l’Union européenne prévues dans le cadre du programme ;
  • garantit la bonne gestion financière des financements européens ;
  • organise les appels à candidatures et les procédures d’attribution des financements dans le respect des principes de transparence et d’égalité de traitement ;
  • accompagne les candidats et les bénéficiaires en apportant conseil et assistance technique tout au long du cycle de projet ;
  • informe et oriente les porteurs de projets potentiels, notamment via des rendez-vous exploratoires individuels de première ligne ;
  • valorise les réalisations et les résultats afin de favoriser leur diffusion et leur intégration dans les systèmes d’éducation et de formation ;
  • assure également la gestion des programmes nationaux qui lui sont confiés.

Actions d’accompagnement proposées par l’AEF-Europe

Afin de soutenir les candidats et les bénéficiaires, l’Agence met en place différents dispositifs d’information et d’accompagnement :

  • des sessions d’information de première ligne (séances collectives et rendez-vous individuels) ;
  • des sessions d’aide à la candidature par secteur lors du lancement des appels à projets ;
  • des sessions de lancement destinées aux bénéficiaires après chaque appel à projets ;
  • des outils pédagogiques et des ressources de vulgarisation pour accompagner les porteurs de projets dans la préparation et le dépôt de leur candidature.

Mylan Garcia Carrillo : ouvrir l’Europe aux apprenants de l’IFAPME

Lorsque Mylan Garcia Carrillo rejoint la Direction des Relations Internationales et Institutionnelles de l’IFAPME, il ne s’attend pas à devenir l’un des moteurs d’un projet européen d’une telle ampleur. Diplômé en sciences politiques et relations internationales, il arrive avec une connaissance théorique des programmes européens. L’IFAPME est son premier emploi, et Erasmus+ devient immédiatement son terrain d’apprentissage, de responsabilité et d’innovation.

Il se souvient de ses débuts avec lucidité : « J’avais étudié les programmes européens, mais je ne les avais jamais mis en œuvre. Il a fallu apprendre vite, comprendre les financements, les règles, les possibilités. Heureusement, l’AEF-Europe accompagne très bien les porteurs de projet. »

À son arrivée, le programme Erasmus+ existe déjà, mais il est encore limité dans son déploiement. L’IFAPME avait obtenu une accréditation valable jusqu’en 2027, et une nouvelle équipe était en train de se mettre en place. Il faut donc reprendre le projet, le comprendre, le réinterpréter et surtout le faire évoluer. Mylan, avec son collègue Laurent, découvre alors un dispositif riche, exigeant, mais porteur d’un potentiel immense pour les apprenants, les formateurs et les professionnels du réseau IFAPME et des professionnels du réseau.

L’IFAPME, un réseau de formation qui veut rendre l’Europe accessible

L’IFAPME est un acteur public central de la formation professionnelle en Wallonie. Les Centres de formation du Réseau accueillent principalement un public d’adultes, désireux d’acquérir une qualification professionnelle et souvent en reconversion, parfois éloigné des opportunités internationales. Historiquement, le programme Erasmus+ y était associé à deux secteurs , l’HoReCa et le tourisme, où la mobilité s’imposait naturellement. Les métiers de bouche se prêtent facilement à l’échange international : les techniques culinaires se transmettent par le geste, les cuisines italiennes, espagnoles ou françaises sont des terrains d’apprentissage évidents, et les compétences linguistiques y sont bien souvent recherchées.

Mais pour l’IFAPME, cette vision est trop restrictive. La mobilité européenne apparait comme une opportunité pour les apprenants d’acquérir des compétences nouvelles et elle peut devenir un outil d’insertion professionnelle pour des secteurs beaucoup plus larges. Mylan raconte souvent que l’un des premiers défis a été de convaincre les équipes pédagogiques que la mobilité n’était pas réservée aux cuisiniers ou aux pâtissiers. « On veut ouvrir Erasmus+ à tous les secteurs, y compris ceux où l’on n’imagine pas spontanément une mobilité internationale. Les métiers en pénurie et les fonctions critiques, par exemple, doivent aussi pouvoir bénéficier de ces opportunités. ». 

Cette ouverture implique de lever des freins, notamment linguistiques, et de convaincre des apprenants qui n’ont parfois jamais quitté la Belgique. Mylan et l’équipe Erasmus+ insistent sur le fait que les entreprises partenaires à l’étranger savent accueillir des stagiaires non natifs et adaptent leurs pratiques. L’IFAPME, de son côté, met en place des outils de préparation linguistique, des cours intensifs à l’arrivée et un accompagnement renforcé tout au long de la mobilité. Les résultats suivent : les candidatures des apprenants augmentent, les secteurs autrefois réticents commencent à s’approprier le dispositif.

Un financement européen comme moteur de transformation

La motivation de l’IFAPME à s’engager dans le programme Erasmus+ dépasse largement la dimension financière. La mobilité européenne devient un outil d’innovation pédagogique, un moyen d’exposer les apprenants à d’autres normes, d’autres méthodes, d’autres cultures professionnelles. Elle est accélératrice d’insertion sur le marché du travail. Partir à l’étranger, même quelques semaines, c’est gagner en autonomie, en maturité, en confiance.

Mylan insiste sur ce point : « Les apprenants reviennent transformés. On voit de la maturité, de l’assurance, une autre manière d’aborder leur métier. Les soft skills sont parfois plus marquantes que les compétences techniques. »

Le financement européen permet également à l’organisme de créer un réseau de partenaires européens de la formation professionnelle, d’innover dans les pratiques internes et de renforcer la visibilité du Réseau. L’IFAPME devient progressivement l’un des porteurs des plus actifs du programme Erasmus+ en Fédération Wallonie‑Bruxelles.

Une mise en œuvre exigeante, mais porteuse de sens

La gestion d’Erasmus+ est un travail de longue haleine. Il faut informer les Centres de formation et les Services Alternance, toucher des milliers d’apprenants, convaincre les équipes pédagogiques, organiser les candidatures à une mobilité individuelle, sélectionner les participants qui réaliseront un stage européen en entreprise, préparer les dossiers administratifs, assurer le suivi sur place, puis gérer le retour. À cela s’ajoutent les mobilités de groupe des apprenants, où une classe entière part suivre des modules dans un centre de formation en Europe, ainsi que les mobilités du personnel, qui permettent aux formateurs et aux professionnels de se perfectionner en Europe.

Mylan décrit ce processus avec précision : « Une mobilité, c’est un projet en soi. Il y a la préparation, l’accompagnement, l’évaluation. Rien n’est laissé au hasard. »

Le choix des structures d’accueil est un autre défi. Dans l’HoReCa, les partenaires sont nombreux et identifiés depuis longtemps. Dans les métiers techniques, il faut chercher, comparer, tester. Mylan observe que les différences techniques existent réellement, notamment au niveau des normes et des méthodes de travail. Mais au‑delà de l’aspect technique, il insiste sur les soft skills, souvent aussi déterminants que les compétences professionnelles. L’autonomie, l’adaptation, la gestion de l’inconnu, la découverte d’une autre culture sont autant d’éléments qui façonnent un futur professionnel.

Un lauréat européen qui incarne une nouvelle dynamique

Aujourd’hui, l’IFAPME est reconnu comme l’un des porteurs très dynamiques du programme Erasmus+ en Belgique francophone. Le Réseau continue d’élargir ses partenariats, d’ouvrir de nouveaux secteurs et d’accompagner davantage d’apprenants. Le projet évolue, se renforce et se structure. Et derrière cette montée en puissance, il y a une conviction simple, portée par le Réseau IFAPME : la mobilité change les parcours, change les personnes et doit être accessible à tous.

Mylan résume cette vision avec une phrase qui pourrait servir de devise : « La mobilité doit être un droit, pas un privilège. »

Le travail de Mylan et de ses collègues illustre parfaitement ce que signifie être lauréat d’un financement européen : transformer une opportunité en moteur de changement, faire grandir une institution, ouvrir des horizons et permettre à des publics parfois éloignés de vivre une expérience qui marque une vie. À travers leur engagement, les équipes du Réseau IFAPME incarnent une nouvelle approche de professionnels capables de faire dialoguer les réalités locales et les ambitions européennes, et de donner à la mobilité la place qu’elle mérite dans la formation professionnelle.

 

 

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